Quand l’enfant se coupe de ses émotions…

Gérer ses émotions

L’enfant est prêt à se couper de ses émotions et de son ressenti pour être aimé et recevoir l’attention de ses parents. Comment cela se fait-il? 

Est-ce que cette situation, de près ou de loin, vous est familière ? :

Voici ce que dit Thomas d’Ansembourg dans son livre, Cessez d’être gentil soyez vrai ! Être avec les autres en restant soi-même (DVD inclus)
que je vous recommande chaleureusement.

« Peut-être vous reconnaîtriez-vous un peu dans ce qui suit. Personnellement, j’ai appris à être un petit garçon sage et raisonnable, et à être toujours à l’écoute des autres. Parler de soi ou de ses émotions vis-à-vis de soi-même n’était pas bien perçu quand j’étais enfant. On pouvait avec émotion décrire une peinture ou un jardin, parler d’une musique, d’un livre ou d’un paysage, mais parler de soi, a fortiori avec émotion, était suspecté d’égocentrisme, de narcissisme, de nombrilisme. « Ce n’est pas bien de s’occuper de soi, il faut s’occuper des autres », me disait-on.

« Si un jour j’étais très en colère et que je l’exprimais, j’ai pu entendre quelque chose comme : « Ce n’est pas bien d’être en colère. Un petit garçon sage ne se met pas en colère. Va dans ta chambre et tu reviendras quand tu auras réfléchis. » Bon, retour à la raison.

« J’allais réfléchir avec ma tête qui avait tôt fait de me juger coupable. Alors, je me coupais de mon cœur en mettant ma colère dans ma poche et je redescendais racheter l’intégration familiale en affichant un faux sourire. Si un autre jour j’étais triste et ne savais que faire de mes larmes, …, et que j’avais juste besoin d’être rassuré et consolé, j’ai pu entendre :  « Ce n’est pas bien d’être triste, avec tout ce qu’on fait pour vous ! Et puis il y en a qui sont bien plus malheureux. Va dans ta chambre, tu reviendras quand tu auras réfléchi. » Renvoyé de nouveau !

« Je remontais dans ma chambre et le processus rationnel reprenait le dessus : «  C’est vrai, je n’ai pas le droit d’être triste, j’ai un papa, une maman, des frères et sœurs, des livres pour aller à l’école et des jouets, une maison et à manger, de quoi je me plains ? C’est quoi cette tristesse ? Je suis un égoïste et un nul ! » De nouveau je me condamnais, me culpabilisais, me recoupais de mon cœur. La tristesse allait joindre la colère dans ma poche et je redescendais racheter ma place au sein de la famille avec un faux sourire. Vous voyez qu’on apprend tôt à être gentil plutôt qu’à être vrai.

« Enfin, un autre jour que j’étais tout joyeux, que j’explosais de bonheur et que je l’exprimais en courant partout et en mettant la musique à fond ou en racontant toute ma joie, j’ai pu entendre cette phrase : « Ne te réjouis pas trop parce que la vie n’est pas si drôle ! » Alors là, c’est l’hallali ! Même la joie n’est pas bienvenue dans le monde des adultes ! Qu’est-ce que je fais, moi, gamin de dix ans ? J’encode sur mon disque dur intérieur les deux messages suivants :

  • Etre adulte, c’est se couper le plus possible de ses émotions et ne s’en préoccuper que pour faire joli dans une conversation de salon, sans déranger personne, une fois de temps en temps.
  • Pour être aimé et avoir ma place dans ce monde, je dois faire non pas ce que je sens ni ce que je voudrais, mais ce que les autres veulent. Etre vraiment moi-même c’est risquer de perdre l’amour des autres. »

 

Il faut savoir que l’enfant est prêt à se couper de ses émotions et de son ressenti pour être aimé et recevoir l’attention de ses parents. C’est une question de survie inconsciente. Quand il est venu au monde, ce petit dépendait physiologiquement de ses parents, ou des adultes responsables, pour sa survie : être nourri, vêtu, protégé…. Et notre qualité d’être humain fait que nous avons fondamentalement besoin d’amour et d’attention pour vivre. Même une attention négative vaut mieux que pas d’attention du tout.

Donc quand on force un enfant à finir son assiette alors qu’il n’a plus faim, qu’on le force à mettre un manteau alors qu’il a trop chaud, qu’on le force à arrêter de pleurer alors qu’il a toujours mal, qu’on le force à se couper de ses émotions parce que c’est socialement plus gérable… on le force à se couper de lui-même pour « avoir la paix », pour qu’il comprenne que c’est ainsi qu’il faut faire etc…

Le résultat, c’est que l’enfant n’apprend pas à être réellement autonome.

Comme il n’est plus en contact avec ses émotions et son ressenti, il va dépendre des autres, du regard de l’autre. Il va par exemple demander : « Est-ce que c’est bien ce que je fais ? », « Tu peux me dire si c’est bien ? », sans savoir trouver en lui-même l’assurance nécessaire pour se dire « Je suis fier de moi », ou « Je ressens tel ou tel sentiment ou émotion », ou « J’ai besoin de … », ou « J’aime ceci ou cela ».

Il va avoir du mal à développer sa confiance en lui-même et son estime de lui-même, puisqu’il n’est plus en mesure de savoir tout à fait ce qu’il ressent, ce qu’il aime, ou ce qu’il veut… Il va faire en fonction des autres, en fonction de ce que les autres lui renvoient.

Donc n’ayons pas peur d’accueillir les émotions ! Elles ne sont ni bien ni mal, elles sont ! Attardons-nous un peu sur ce qu’elles expriment, car elles nous donnent des informations précieuses. Pour accueillir les émotions, je vous dirige vers ma page « ressources » qui propose quelques livres qui aident à gérer efficacement ces situations.

Respectons donc les émotions et nous respecterons mieux notre enfant. Faisons-lui confiance ! S’il y a bien une chose qu’on ne peut ressentir à la place d’une personne c’est bien son ressenti et ses émotions. Confiance !

 

2 réponses
  1. Caroline
    Caroline dit :

    Tellement vrai! Je vis ce que vous dites à chaque instant et je me sens tout d’un coup un peu « nulle ».
    Mon pauvre loulou qui doit taire ses colères, surtout ne pas montrer sa tristesse, et contenir sa joie…pfff, merci de nous faire réfléchir!
    Bien à vous
    Caroline

    Répondre

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