Apprendre à son enfant à se concentrer

apprendre à son enfant à se concentrer

Que notre enfant soit tout petit ou grand adolescent, il a besoin de savoir se concentrer. A l’heure du ‘zapping’ sur les outils digitaux, il est parfois bien difficile de rester un moment prolongé sur un sujet ou une activité.

Avant même de penser à des activités qui peuvent aider notre enfant à la concentration, reprenons les choses à la base.

Est-ce que, dans les interactions quotidiennes que nous avons avec notre enfant, nous privilégions la concentration ??

Nous coupons court le plus souvent

Nous-mêmes en tant que parents ou adulte en lien avec des enfants, nous ‘zappons’ vite fait là où nous devrions au contraire prendre le temps.

Ne vous arrive-t-il pas de recevoir ce genre de réflexion de la part de votre enfant :

  • « J’en ai marre, Jean n’arrête pas de m’embêter dans la cour de récréation !… »

Et que faites-vous habituellement ? Vous répondez peut-être quelque chose comme : « Eh bien ne t’en occupe pas et joue avec Thomas alors. Trouve un autre ami pour jouer. » Fin du sujet.

  • Ou bien votre adolescent vous dit : « Ce prof est nul ! »

Et que répondez-vous habituellement ? « Oui ça arrive, on a tous eu des profs nuls. » « Si tu travaillais un peu plus, les cours seraient plus intéressants. », « Arrête de te plaindre ! Ne t’en occupe pas et travaille ! »… Fin du sujet.

  • « Maman, j’ai mal au ventre… »

Que dites-vous alors ? « Ça va passer… », « Tu es juste un peu stressé… ça va aller. », « Oh non ! Pas encore ce matin avant de partir pour l’école… », « Il faut que je t’emmène chez le médecin… »… Fin du sujet.

L’enfant communique au-delà des mots.

Ce que notre enfant nous communique est au-delà des mots. Ce sont des perches qu’il nous envoie et que nous devons saisir pour accueillir un message. Mais la plupart du temps, nous sommes dans la gestion des problématiques, dans l’efficacité, et nous passons à côté d’occasions de creuser les choses avec notre enfant.

Nous ‘zappons’ et mettons vite fin au problème qui se présente. Par conséquent, nous ne permettons pas de rentrer dans une relation profonde d’écoute, d’empathie, de respect de l’autre. Nous évacuons les sujets trop précipitamment. Et nous passons comme cela d’un sujet à l’autre toute la journée sans nous appesantir. Cela n’habitue pas notre enfant à se concentrer sur un sujet et à aller jusqu’au bout de la réflexion.

D’ailleurs, nous pouvons aussi le voir dans les conversations de table par exemple, on passe du coq à l’âne très rapidement, sans aller au fond des choses et aboutir à une vraie réflexion.

Les enfants même très jeunes sont capables de converser longtemps.

Or les enfants, même très jeunes sont capables de converser longtemps. Il suffit de les habituer et de nourrir ce potentiel. Cela peut se faire à partir de conversations de table, de sujets variés terre à terre ou philosophiques. Mais aussi à partir de ce qui se présente dans la vie de nos enfants.

Donc pour reprendre les exemples ci-dessus, comment faire pour ‘rentrer’ dans le vif du sujet et ne plus prendre la poudre d’escampette et couper court ?

Sachons que l’enfant fait comme il peut pour communiquer et souvent, il nous présente un arbre qui cache la forêt. Alors entrons pleinement dans la brèche.

« Alors Jean t’embête ? Raconte-moi ce qui s’est passé… Comment te sens-tu avec lui ? Je te comprends, ce n’est pas agréable… Qu’est-ce que tu aimerais ? Que pourrais-tu faire pour te sentir mieux ? … »

Essayons de voir s’il n’y a pas une autre situation qui se cache derrière cela. De loin les enfants ont l’air de s’amuser, mais de plus près, parfois il se joue des rapports de force difficiles… Peut-être que votre enfant a juste besoin de ‘déposer son paquet’ de la journée… Dans tous les cas, c’est l’occasion de faire sentir à notre enfant qu’il a de la valeur à nos yeux et que nous prenons du plaisir à l’écouter et à l’aider si besoin.

Prenons notre temps pour échanger

Pour l’ado qui trouve que son prof est nul, qu’est-ce qui se cache derrière cela ? A-t-il juste envie de parler un peu, de dire son ‘ras-le-bol’ de travailler car il est fatigué en ce moment, de confier à mots détournés son manque de confiance, son découragement, sa culpabilité… Que cherche-t-il en fait ? Un peu de communication, de compréhension, de douceur, de bienveillance ?

Encore une fois, quoi que soit le sujet, c’est l’occasion de se rendre disponible entièrement et de créer un moment d’échange en vérité. Mais prenons notre temps, allons au fond des sujets, osons écouter pleinement, car c’est dans cette écoute totale que se bâtit la relation et la capacité de se concentrer. Réfléchir sur un sujet, échanger, rire, se confronter… tout cela dans une continuité (sans ‘zapper’ toutes les deux minutes…) permet à l’enfant de nourrir son dialogue intérieur et sa réflexion pour plus tard.

Pour l’enfant qui a mal au ventre, allons à sa rencontre. Il a le droit d’avoir mal au ventre. Ce n’est pas un hasard, qu’est-ce que cela signifie ? La ‘maladie’ = le mal-à-dit… N’ayons pas peur de mettre les mots, de fouiner un peu pour voir ce qui se cache derrière ce mal de ventre. Ne nous arrive-t-il pas à nous adulte d’avoir des symptômes physiques lorsque quelque chose nous préoccupe ou nous stress ?…

Ne concluons pas trop vite et accueillons ce que l’enfant vit. Est-ce que c’est la maîtresse qui a grondé ? Est-ce que c’est la peur d’un jugement ? Est-ce que c’est la dispute entre les parents de la veille qui inquiète ? Est-ce que c’est une histoire de fatigue tout simplement ? Ou c’est la difficulté de trouver sa place avec ses amis ?…

Osons parler à cœur ouvert avec nos enfants. Et osons prendre le temps pour échanger. Notre complicité avec notre enfant se construit dans ces moments-là. Et cela permet à notre enfant de construire une réflexion, de trouver une solution si nécessaire, de persévérer sur un même sujet, de se concentrer, d’exprimer ses émotions, de se sentir reconnu et respecté… et aimé.

Nos enfants sont les futurs adultes de demain, apprenons leur à se concentrer et à se construire de l’intérieur. Nul besoin de jeux perfectionnés et d’attirail sophistiqué, tenons une conversation prolongée, réfléchie et aimante…

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