« Attention tu vas te faire mal ! Non ! Ça suffit !…. »

Dès qu’ils savent se déplacer et prendre des objets dans la main, tous les jours, nos petits partent à l’aventure et ont le don pour dénicher tout ce qu’il ne faut surtout pas toucher !…Prises électriques, sac à main de maman, couteau de cuisine, tiroirs divers, constructions du grand frère, téléphones portables et autres appareils avec boutons, piano à 8h du matin…

On explique, on gronde, on dit « non ! », on se fâche, on en a « ras le bol » !…

On a l’impression même que notre enfant va directement vers la chose interdite en nous narguant. Il le fait exprès ou quoi ?! On lui a pourtant dit on ne sait combien de fois !…

Un exemple classique :

Vous êtes à table avec votre petit, il brandit un couteau (comme tout le monde d’ailleurs…) et sa grand-mère l’arrête tout de suite en lui disant : « Non ! Attention, tu vas te faire mal ! »

Un autre jour, vous avez laissé trainer votre couteau de cuisine sur la table et voyant que vous vous en servez pour faire la cuisine, il le prend pour faire pareille et vous criez, fatiguée par votre journée : « Non ! Ne touche pas à ça ! »

La fois suivante, votre petit a bien compris que toucher au couteau provoquait dans son entourage une réaction assez forte, alors il brandit le couteau en vous regardant droit dans les yeux comme pour vérifier que cela va vous mettre hors de vous encore une fois…

 

Mais que cherche-t-il à faire exactement ? Vous embêter ?

Non !

Imaginez que vous arrivez dans un pays dont vous ne connaissez pas les us et coutumes. Vous essayez de faire comme tout le monde mais vous ne rencontrez que désapprobation. Comment vous sentez-vous ? …

Pourquoi cela ne sert à rien de réagir systématiquement par un « NON !» ?

  • Il est à la découverte et ne connait pas les dangers.

Il est tout simplement au stade de découverte. Il n’a aucune notion du danger et ne comprend franchement pas pourquoi quand il touche à une chose plutôt qu’à une autre cela provoque une telle réaction.

Il est juste en exploration. Cela fait partie de sa bonne santé, de son développement. Si tout le monde se sert de son couteau à table, pourquoi ne pourrait-il pas en faire autant ? Il apprend beaucoup par imitation. 

Pour apprendre, cela doit passer par le mouvement, par les sens : goût, vue, odorat, toucher, ouïe. Il ne peut apprendre de façon abstraite. Il expérimente les choses.

  • L’éducation par la peur est très nocive.

Les menaces, chantages et violences verbales ou physiques même banales du quotidien ont un impact négatif sur le développement du cerveau de l’enfant. Dr Catherine Gueguen, dans son livre que je vous recommande, Pour une enfance heureuse, explique très bien que la peur

et le stress « perturbent la maturation des structures cérébrales qui contrôlent les émotions. »

« Cette notion de peur est fondamentale dans l’éducation. Elle a deux visages. L’adulte peut être celui qui provoque la peur en soumettant l’enfant : il menace, « fait les gros yeux », crie, frappe. »

« Mais l’adulte peut être aussi celui qui a peur en permanence et transmet cette inquiétude à l’enfant. Ces deux peurs sont nocives pour le tout petit. »

  • Cela peut le rendre timoré.

« Quand l’adulte dit : « Attention c’est dangereux, n’y vas pas », l’adulte freine son désir de vivre, d’aller de l’avant, d’explorer, de découvrir. Cela le stress inutilement et en fera un enfant timoré, craintif. » (Dr Gueguen)

  • Cela peut rendre l’enfant tyrannique.

L’enfant fera comme ses parents, il adoptera une attitude de fermeture, sera obstiné et intransigeant.

Ou bien l’enfant va se soumettre par peur de l’adulte, mais le lien avec les parents restera difficile. Ce n’est pas ce qu’on souhaite au fond de nous…

  • L’enfant n’entendra plus le « non ».

Si on dit « non » à longueur de journée, il n’aura plus d’impact. Il servira juste comme un poison, lentement distillé chaque jour…pas très positif pour un enfant qui découvre la vie et à qui on a envie de donner confiance

Alors comment faire ?

Transmuter le plus possible de « non » en « oui ».

Exemple : L’enfant a trouvé votre portefeuille et sort un à un les cartes, pièces et tickets…et à ce moment-là, vous n’avez pas envie ni la patience de le laisser faire (même si c’est excellent pour sa motricité fine…)

On peut lui dire gentiment avec le cœur et le sourire : « Mais oui ! C’est intéressant tout ça ! Tu aimes tripoter à ces petites choses…etc…mais je n’ai pas très envie que tu touches à ça pour le moment…ce sont mes affaires… », tout en lui enlevant ses trésors sans précipitation, en douceur, et en lui présentant un autre centre d’intérêt aussitôt. 

Plus on sera détendue et détachée, mieux cela se passera.

Et gardons le « non » pour les « grandes occasions » !

Le moment où nous avons besoin d’arrêter net notre enfant parce qu’il va trop loin, ou parce que c’est vraiment dangereux, ce « non ! » aura de la valeur.

Et pensons à tous ces moments où nous sommes fatiguées ou dépassées, il y aura des moments où nous ne pourrons nous en empêcher….

Donc si le reste du temps, on arrive à limiter l’emploi du « non », ce sera autant d’occasions d’être dans l’ouverture, de rester bienveillant et positif pour l’enfant …et pour nous.

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