De quoi parlons-nous avec nos enfants ?

Souvent quand nous retrouvons nos enfants, nous leur posons les traditionnelles questions : « Qu’est-ce que tu as fait à l’école ? », « Tu as joué avec qui à la récréation ? », « Tu as bien réussi ton bac blanc de maths ? », « Tu fais quoi ce weekend avec tes amis ? », « Ça s’est bien passé ? », « Qu’est-ce qu’on fait pour les vacances ?… » etc…  les repas, les retrouvailles se transforment en échanges  banals et un peu superficiels. Nous passons du temps à régler des problèmes passés ou à venir. Nous nous adressons à nos enfants habituellement en leur posant gentiment à peu près toujours les mêmes questions….

Il est facile de tomber dans des conversations rituelles, sans valeur ajoutée.

Il y a des familles où naturellement, on est porté à lancer des sujets de réflexion plus recherchés, enrichissants, novateurs, amusants, philosophiques. Les parents sont peut-être amenés par leur travail, par goût, par curiosité à mettre ces sujets sur la table. Mais pour d’autres familles, pris par l’habitude, pris dans la gestion quotidienne, on en reste aux questions habituelles un peu plates.

Quand les enfants sont petits, on s’adapte en parlant de petites choses compréhensibles pour le jeune âge. Mais le temps passe, les enfants grandissent et ont besoin d’être nourris d’autres choses. Et nous les parents, devons ouvrir un maximum l’étendue des connaissances, des réflexions, des échanges pour véritablement élever nos enfants, pour les amener à réfléchir, à se cultiver, à développer l’esprit critique. Si nous ne prenons pas conscience qu’il nous faut élever le débat, nous pouvons  nous laisser anesthésier par le quotidien et passer à côté de beaucoup d’occasions d’échanges. C’est dommage.

Parler de l’actualité, des différents modes de vie des pays du monde, des différentes religions, des gens en général, des personnes qui réussissent, des phénomènes physiques et biologiques, des derniers films, des personnalités, de la mode, des rêves de chacun….Tout peut faire l’objet d’une réflexion, d’un débat.

Passer les sujets au filtre de la maison permet de sécuriser les inquiétudes, permet de mettre un cadre, d’ouvrir les discussions de façon protégée. Les enfants sont en apprentissage. Nourrissons-les le plus possible pour qu’ils puissent être plus forts à l’extérieur. Qu’ils soient au courant d’un certain nombre de choses, qu’ils aient un peu de points de repère, des notions, de la culture… tout n’est pas vu à l’école…. Apprenons-leur à réfléchir, à s’opposer, à questionner, à s’intéresser. Essayons d’élever le débat !

Regarder un film, oui, mais en parler c’est encore mieux. Regardons des émissions avec eux pour pouvoir en faire un sujet d’échanges. Par exemple, mes filles apprécient beaucoup les émissions d’histoire, (surtout avec des princesses ou de belles demeures…). Souvent nous regardons par la suite sur internet une carte pour pouvoir situer les lieux géographiques, et regardons des photos de ces lieux pour bien ancrer les informations. Les émissions de cuisine très en vogue ces dernières années ont développé le goût de la cuisine. Cela a créé de la fantaisie à la maison… Les émissions de télé-réalité sont aussi très riches pour en faire une analyse des comportements humains…Cela promet un beau décryptage en famille…

Parler de politique pour ne voir que ce qui est négatif et critiquer, ne rime pas à grand-chose à part donner le cafard aux enfants. En revanche, leur donner des points de repère historiques, des notions pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui ou d’hier peut les inciter à réfléchir autrement et à ne pas se laisser impressionner par la surinformation ou la désinformation actuelle pas toujours très ajustée… Et penser que cela est réservé qu’aux grands n’est pas juste. Les plus jeunes peuvent en savoir un minimum.

On peut également parler de son travail à ses enfants, leur partager des choses à ce sujet. Je me souviens de mon père qui répondait invariablement à ma question de savoir ce qu’il faisait ‘au bureau’ : « je passe des coups de fil, je vais à des réunions, et je fais des rapports ». Cela ne signifiait rien pour moi. Qu’est-ce que vous pouvez partager à vos enfants dans votre domaine pour qu’ils apprennent et comprennent un peu plus précisément ce que vous faites ?

Réfléchir ensemble sur des sujets ‘de vie’ comme la vie, la mort, la réussite, la jalousie, la tristesse, le bonheur… partagez vos doutes, vos propres questionnements, n’ayez pas peur de montrer parfois que vous ne savez pas. Laissons-nous parfois un peu bousculés dans nos certitudes. Acceptons de ne pas toujours avoir raison, ou de ne pas être d’accord avec nos enfants. Les choses évoluent, les réponses ne sont pas toujours fixes.

C’est important de vivre dans le monde, tout en le décodant, en l’interrogeant. Mais pour cela il faut un minimum de connaissances et de curiosité. Les enfants sont naturellement curieux ; saisissons cette ouverture et cultivons-la !

Quand ce n’est pas une habitude naturelle d’élever le débat, provoquons-la. Faites rapidement le bilan des sujets que vous abordez avec vos enfants, petits ou grands, et voyez où vous en êtes. Rappelons-nous que nous montrons l’exemple à nos enfants et donc si nous souhaitons que nos enfants s’intéressent aux choses, aux autres, à la vie, regardons comment nous fonctionnons. Sommes-nous ouverts, curieux ? Comment réagissons-nous quand un sujet est abordé ? Est-ce que c’est à ce moment-là que nous coupons court et avons toujours quelque chose d’autre à faire ? Ou bien, pour une fois nous laissons le matériel de côté et continuons à débattre, chercher, creuser, partager ?…N’ayons pas peur d’aller au fond des choses, d’écouter les uns les autres, d’accueillir les idées de chacun. C’est la vie ! Elevons le débat !! Les enfants n’attendent que cela.



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