Deux conditions nécessaires pour l’allaitement…

comment avoir du lait allaitement

J’ai allaité avec la plus grande joie mes quatre enfants. Et à chaque enfant toujours un peu plus longtemps. J’ai fait face aux difficultés classiques que l’on rencontre, à l’entourage peu compréhensif, maladroit, et tout simplement ignorant à ce sujet… J’ai fait des erreurs surtout au début, j’ai eu le sentiment parfois de me tromper, de me sentir bien seule, mais tout cela pour comprendre et renforcer ma conviction du bien-fondé de l’allaitement pour mes enfants et moi.  Et quelle joie !

Je sens que cela m’a véritablement appris à être mère dans toute sa profondeur ; cela m’a vraiment aidé à chercher au fond de moi ce sentiment maternel. Cela m’a aidé à apprivoiser mon enfant, à me faire confiance en tant que mère, à développer « la mère en moi ». Celles qui ont eu la chance de vivre cela savent de quoi je parle… C’est un vrai cadeau que nous fait la vie.

Vous sentez bien en me lisant, qu’allaiter n’est pas juste nourrir son enfant pour qu’il n’ait plus faim. Ce n’est pas juste une façon pratique, économique et naturelle de subvenir aux besoins primaires de notre enfant. C’est bien plus que cela si on veut bien se laisser apprivoiser par ce lien mère enfant qui se crée de manière très intime, par cet échange de corps à corps et qui est aussi un échange de cœur à cœur.

Mon émerveillement face à l’allaitement n’a fait que croître à chaque enfant. C’est à la fois tellement simple et naturel, et tellement ‘magique’, vous vous rendez compte, pouvoir nourrir son enfant ! Cela me dépasse encore…

Oui effectivement, pour moi cette expérience a été fondatrice. J’ai joué le jeu pleinement, ‘à fond’, et j’ai appris tant de choses sur moi, sur mes enfants, sur les autres…

Si ce que j’écris vous ‘parle’, et que vous souhaitez tenter l’expérience, je vous partage deux conditions qui sont à mon avis  fondamentales pour réussir son allaitement.

Se reposer.

Une des premières causes d’une baisse de la lactation, est la fatigue. Croire qu’en rentrant de la maternité, on va pouvoir continuer nos activités à peu près comme avant est une erreur. Même si tout s’est bien passé pour la naissance, et que tout va bien, neuf mois de grossesse, un accouchement et toute la suite…tout cela est un ‘sacré évènement’ pour le corps et pour nos émotions. La venue d’un enfant vient forcément bousculer certaines habitudes, il faut trouver un nouvel équilibre pour chacun…

La priorité à ce moment-là, c’est vous et votre bébé. Il est indispensable de prendre soin de soi. Et quand on vient de mettre au monde un enfant, cela passe par le repos. Le reste peut attendre. Vous trouverez le temps ou de l’aide pour préparer les repas, faire le ménage, s’occuper des autres enfants… Même les autres enfants, qui sont donc plus âgés, peuvent attendre ; alors qu’un nourrisson n’attend pas.

Se reposer, se laisser aller pendant la tétée, faire la sieste, dormir en même temps que son bébé est primordial. Vous devez garder de l’énergie pour votre bébé et pour des moments de qualité avec les autres enfants plus grands pour qu’ils ne se sentent pas délaissés bien sûr. Mais ce n’est pas le moment après une naissance de faire des prouesses de rangement par exemple, ou des sorties fatigantes avec les autres enfants pour compenser le temps que vous passez avec le bébé ( des mots aimants, sécurisants et une présence de qualité dans les activités quotidiennes simples vont pouvoir aider les plus grands…). Sinon dès que la fatigue pointe son nez, le bébé le ressent, il est plus agité, vous pouvez avoir moins de lait, toute la famille est touchée… et tout le monde a besoin de vous !

La souplesse.

Faire preuve de souplesse est une condition indispensable pour un allaitement réussi.

L’allaitement ne se pratique pas montre à la main. Ce n’est pas nous qui décidons quand notre bébé doit téter. C’est lui qui nous guide, c’est lui qui nous indique ce dont il a besoin. Parfois, c’est vrai qu’on ne sait pas toujours… Mais quand on a comme boussole uniquement notre instinct maternel sans la pression de l’extérieur, le regard des autres, les « il faut …», les « le bébé devrait… », les attentes familiales etc…, on peut se faire confiance et nourrir notre enfant comme on le sent, libre de toutes règles.

Il arrive que notre bébé réclame à boire parfois de façon très rapprochée, toutes les heures par exemple, puis ne réclame plus du tout pendant un long moment dans la journée. S’il est en bonne santé et que tout va bien, il n’y a aucune raison de ne pas suivre ce qu’il nous indique. Il faut du temps pour que l’enfant s’adapte, et ce n’est pas en forçant les choses qu’on va obligatoirement obtenir un résultat satisfaisant à long terme.

Imaginez juste quelques instants que l’on vous force à dormir parce que « c’est l’heure » alors que vous n’avez pas sommeil, ou qu’on vous impose d’attendre « parce que ce n’est pas encore l’heure » alors que vous mourrez de faim et que vous en avez mal au ventre… Donc c’est tout simple de se mettre à la place du bébé. Soyons souple, car il faut qu’il se fasse à cette nouvelle vie terrestre ! Allons-y avec tact, douceur et respect…et pour cela nous avons besoin d’être bien reposée…

En étant souple, on se met moins de pression inutile, moins de stress, et donc on est une mère plus détendue. Cela a un impact plus positif sur l’enfant. Et en étant souple aussi sur la manière dont nous allons allaiter, où et comment, on se met moins de bâtons dans les roues pour l’organisation pratique. On peut allaiter de façon très discrète, sans même que les gens s’en aperçoivent, partout où vous allez… réunions, supermarchés, églises, restaurants, train, vacances, avion…. Cela fait aussi partie de la souplesse.

 

Ces deux conditions de base permettent à la mère et l’enfant de s’apprivoiser dans le respect de la vie qui grandit. Et rappelons-nous que c’est nous qui accueillons notre enfant et que nous sommes là pour cela. (voir l’article Quand nous sommes frustré de ne rien pouvoir faire…) Ce petit compte sur nous pour se sentir en sécurité et aimé. Et ce moment de la toute petite enfance est fatigant, certes, mais cela passe très vite…ne passons pas à côté de cela.

1 réponse
  1. anne claire
    anne claire dit :

    Merci Aude
    Cet article exprime très bien la magie de l’allaitement! C’est si méconnu ….ces 2 conditions sont irréfutables et permettent de vivre vraiment le lien mère_enfant.On prend le temps et surtout on savoure….
    Merci pour tes bons conseils qui m’ont permis d’avoir un allaitement serein et long pour mon
    petit dernier .
    Merci++

    Répondre

Laissez un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.