Est-ce que l’allaitement fatigue ?

allaitement fatigue

L’allaitement fatigue? Explorons quelques idées reçues… car ce que l’on prend pour de la fatigue, est en réalité une réaction hormonale du corps qui nous permet de récupérer !

Allaiter et se reposer

Au sujet de l’allaitement, on entend de tout, et surtout beaucoup d’ignorance due à des préjugés, des idées reçues, des peurs, des racontars… C’est bien dommage de voir tant d’incompréhension et d’erreurs véhiculés par les uns et les autres, même parmi le personnel dans les maternités ou les personnes directement concernées.…

C’est vrai que quand on donne le sein à son enfant, dans les premières secondes, on se sent tout à coup toute molle, « pompée » disent certaines mères. Mais ce que l’on prend pour de la fatigue, est en réalité une réaction hormonale du corps qui nous permet de récupérer !

En particulier, l’ocytocine (l’hormone de l’attachement) et la prolactine (l’hormone de la lactation) sont deux hormones qui se diffusent pendant et après la tétée.

La tendance à l’endormissement des femmes qui allaitent n’est pas un signe de fatigue

Voici ce que nous dit le Docteur Marie Thirion :

« La prolactine accélère le passage en sommeil lent, donc la capacité de la mère à récupérer. Elle permet également de se réveiller et se rendormir sans difficultés plusieurs fois au cours de la même nuit, au moindre pleur du bébé. « L’ocytocine sécrétée pendant les tétées crée un climat de détente et d’apaisement particulièrement propice au repos et à la somnolence. La mère a envie de s’assoupir en même temps que son bébé.

« La tendance à l’endormissement des femmes qui allaitent n’est pas un signe de fatigue ! C’est un état normal, lié au rythme veille-sommeil inhérent à l’allaitement. Il n’y a donc pas lieu de proposer l’introduction de biberons la nuit ou l’arrêt de l’allaitement à une mère qui aurait tendance à s’assoupir trop souvent pendant la journée.

« Le climat hormonal facilite les petites siestes pendant la journée pour récupérer. La mère peut aussi profiter des tétées pour se relaxer : elle n’en récupérera que mieux.

« L’ocytocine libérée pendant les tétées possède un effet anti-stress. C’est la raison pour laquelle arrêter l’allaitement en cas de nervosité excessive, ne fait, le plus souvent qu’aggraver le problème.

C’est surtout la maternité qui fatigue

« C’est surtout la maternité qui fatigue. Les derniers mois de grossesse sont lourds à porter. La naissance est un moment d’effort gigantesque, tant sur le plan physique que sur le plan physiologique. Les premières semaines avec un nouveau-né sont parfois difficiles : nuits écourtées, angoisses, longues heures de soin au bébé. En même temps, le corps subit de profondes modifications hormonales auxquelles il doit s’habituer, et cela fatigue aussi.

« Le taux élevé de prolactine sanguine après les tétées provoque chez la mère une sensation de détente, d’apaisement, de légère somnolence. Ce n’est pas une fatigue, c’est au contraire un « cadeau du corps » pour éviter de se fatiguer et profiter d’un moment doux et calme, où l’énergie se recharge.

« Dans ce contexte, l’allaitement permet toute une série d’économies d’énergie. Contrairement à ce que tout le monde répète, un enfant allaité dans de bonnes conditions ne pleure pas plus la nuit qu’un enfant nourri au lait artificiel. Et le « travail physiologique » de fabrication du lait demande bien moins d’énergie que celui de laver, stériliser et préparer des biberons.

« Plus important : la lactation s’inscrit dans le processus naturel des suites de couches. Les modifications hormonales s’effectuent « en douceur », sans rupture brutale, donc dans des conditions optimales. En revanche, le blocage de la lactation pour une femme qui ne désire pas allaiter casse brutalement le cycle d’évolution normale et peut être ressenti durement : nausées, œdèmes transitoires, fatigabilité.

« De toute façon, la donnée essentielle à ne pas oublier, c’est que la maternité représente un authentique travail pour le corps féminin. Il n’est pas possible de retrouver, allaitant ou non, un corps et un tonus d’avant grossesse dans les jours qui suivent la naissance. Il faudra souvent de longs mois (entre trois et six en moyenne) pour que la mère se retrouve aussi solide qu’auparavant. Et l’allaitement est un des facteurs positifs de remise en forme rapide. Dr Marie Thirion : L’allaitement

La tétée donne à la mère l’occasion de récupérer !

A cause de ce mauvais décodage, bien des mères se décident d’arrêter d’allaiter pensant que ces coups de pompe sont des indicateurs de fatigue due à l’allaitement lui-même… Alors que c’est tout le contraire qui se produit. La tétée donne à la mère l’occasion de récupérer !

Personnellement, bien souvent, quand j’étais fatiguée, j’attendais la tétée avec impatience car elle me redonnait carrément un coup de fouet. Je retrouvais mon énergie. Mais pour cela, il faut se laisser couler et accompagner ce relâchement pendant la tétée avec cette confiance profonde et heureuse de savoir que notre corps fait ce qu’il a à faire pour récupérer. Laissons ces hormones nous habiter pour jouir totalement de ce qu’il se passe avec notre bébé. Laissons de côté le mental qui nous chuchote des peurs et des règles qui n’ont pas lieu d’être… Faisons-nous confiance et laissons-nous guider par notre instinct maternel qui se développe à chaque instant de contact auprès de notre bébé… cette merveille de la nature.

 

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