Est-ce que méditer c’est vraiment être ‘auto centré’ ?…

prendre soin de soi naturellement

C’est la remarque que m’a faite une amie récemment. Effectivement, la méditation très en vogue ces temps-ci, suscite chez ceux qui ne la pratiquent pas ou qui ne la connaissent pas vraiment, des questions et des sentiments controversés.

Méditer ? Mais pour quoi faire ? Dans quel but ? Etre centré sur soi pendant de longues minutes, n’est-ce pas un peu désincarné ou nombriliste ? C’est aller vers le néant, ou le matérialisme ? Une perte de temps ? Un éloignement de la réalité ou des autres ?

Voici ce que je peux dire sur le sujet aujourd’hui.

Tout d’abord, il ne faut pas que le mot ‘méditation’ vous dérange. Si vous préférez ‘relaxation’, ou ‘prière’, ou ‘détente’, ou ‘repos du mental’ etc…peu importe, ne nous bloquons pas sur les mots.

Ce que j’entends personnellement par ‘méditation’, c’est l’acte de se couper de notre mental, d’arrêter le « petit vélo » dans notre tête qui nous fatigue, nous pompe une énergie folle presque sans arrêt.

Les techniques sont nombreuses et elles ont pour but de reposer notre mental : se concentrer sur sa respiration, se focaliser sur une bougie, une lumière, sentir les différentes parties de son corps, s’imprégner d’une image ressourçante et relaxante etc… Cela n’a rien de nombriliste ou d’égoïste, il s’agit juste de laisser le mental de côté, le temps d’une pause. C’est bien au contraire très recommandé et fait, à mon avis, partie d’une hygiène de vie. C’est ce que j’enseigne régulièrement dans mes ateliers de gestion du stress. (voir mon article « Faire le vide », oui, mais comment?)

Nous avons besoin de notre mental pour organiser notre vie, pour planifier les choses, pour ne rien oublier. Mais il est aussi source de stress ; c’est lui qui nous susurre à l’oreille que nous avons peur, que nous nous inquiétons, que c’est difficile, que c’est bien ou c’est mal, que nous ne sommes pas à la hauteur etc… (cf article : Une chose qu’il faut écouter…)Par moments nous avons besoin de le lâcher un peu (beaucoup !) pour ne pas être complètement envahi par lui. C’est très important car sinon il barre la route à notre intuition, à notre être profond, à notre créativité, à notre imagination, à la joie de vivre, aux sensations….

Prendre l’habitude de laisser respirer notre tête équivaut à s’aérer l’esprit, à laisser place à la spontanéité… sinon, nous vivons en apnée. Et notre mental, au lieu d’être à notre service, nous commande entièrement et nous asphyxie. Et c’est alors le lit de stress, dépression, burnout, épuisement et de difficultés plus ou moins palpables mais bien réelles.

 

Prendre soin de soi à travers la méditation n’a également rien d’égoïste car c’est en prenant soin de soi qu’on peut mieux s’occuper des autres. Toutes les mères savent cela. Quand nous sommes en forme et avons eu notre moment de ressource et de calme, nous sommes encore plus accueillante pour nos enfants et pour les autres de façon générale.

Méditer peut se faire de deux façons, (voir article « Faire le vide » oui, mais comment?), soit dans l’action, soit dans l’immobilité. Les deux cultivent l’instant présent. Dès que nous sommes totalement présent à ce que nous faisons, dans nos cinq sens, dans la conscience de notre corps, nous ‘redescendons sur terre’ et nous nous ancrons dans notre réalité. Nous vivons et voyons chaque instant se dérouler, sans être pollué par des considérations mentales qui nous fatiguent. Nous gagnons en énergie et avons la satisfaction de sentir notre vie. Nous vivons ce que nous avons à vivre, tout simplement.

Se poser quelques instants en tailleur ou dans une autre position confortable pour respirer tranquillement ou se concentrer sur quelque chose pour se recentrer, pour faire le vide, faire le calme à l’intérieur de soi est fondamental pour accueillir plus sereinement ce que la vie nous apporte en défis, joies et peines.

Parfois mes enfants me surprennent dans la cuisine, les yeux fermés alors que je devrais préparer le repas et être en pleine activité. Mais je marque une pause comme je peux dans ma journée, je me ressource à l’intérieur de moi-même et récupère. Ils le savent et reviennent quelques minutes plus tard….

Arrêter notre mental de cette façon n’interdit pas de se relier à sa spiritualité. Bien au contraire, s’en remettre à ce en quoi nous avons foi, se relier à plus grand que soi, tout en calmant son mental, donne force et courage. Nous cultivons alors des sentiments de confiance, d’abandon, de paix. Ne nous privons pas de cela ! Et explorons en nous taisant intérieurement pour laisser couler la Vie en nous…

 

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