« Maman, est-ce que c’est vrai que tu vas mourir un jour ? « 

Un matin en vacances, alors que je m’apprêtais comme souvent à partir faire ma balade matinale, ma fille de 5 ans me lance, à peine assis à la table du petit déjeuner, cette phrase : « Maman, est-ce que c’est vrai que tu vas mourir un jour ?… »

Ce n’était pas vraiment prévu au programme de la journée ! Je ne pouvais pas répondre vaguement, faire une pirouette et partir. Il y avait derrière cette question, des émotions contenues mais bien réelles et palpables pour celui qui sait être attentif.

Changement de programme donc, et j’ai tout de suite estimé qu’il fallait prendre le temps pour accueillir cette question très chargée de sens et d’émotions. Il était surtout très important de ne pas éviter la question ou de balayer cela d’un revers de main.

C’est intéressant de voir que tous mes enfants à peu près au même âge ont eu ce moment de prise de conscience de la mortalité de chacun. Oui, nous allons tous mourir un jour, même ceux qu’on aime le plus… La mort fait partie de notre réalité et il y a un jour où les enfants en prennent conscience.

La première chose je pense est donc de prendre le temps d’accompagner notre enfant avec cette question.

Ce n’est peut-être pas confortable pour tout le monde d’en parler avec son enfant ; on préfère parler de la vie, plutôt que de la mort !

Si c’est le cas, plutôt que d’y répondre de façon gênée ou rapide pour s’en débarrasser, et de lui communiquer de façon souterraine et silencieuse que c’est un peu tabou pour nous, avouons-lui tout simplement que nous ne sommes pas très à l’aise à ce sujet. Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas en paix avec ce sujet que notre enfant doit l’être aussi. Il a le droit d’avoir des réponses. « Je ne suis pas très à l’aise avec tout ça, mais dis-moi ce qui te préoccupe…ça c’est important. ».

Donc la deuxième chose est d’ouvrir et permettre la discussion et faire comprendre à l’enfant qu’on accueille ses questions, même si on ne sait pas répondre à toutes.

Selon la foi de chacun, apporter un éclairage à l’enfant. Inutile d’inventer des histoires fausses pour enjoliver les choses ou pour les cacher. La mort est une réalité, ne la nions pas.

A cela, j’ajouterai deux points.

Rassurer

La prise de conscience de notre condition mortelle peut être un peu déstabilisante pour l’enfant.

Ma fille qui, tout d’un coup, m’a posé cette question a été prise dans une vive émotion. « Mais si tu meurs un jour, je serai toute seule au monde… » Et prenant conscience aussi que cela lui arriverait un jour également, cela la plongea dans une profonde tristesse.

Il s’agit donc d’aider l’enfant à traverser cette émotion sans la nier. Elle a le droit de se sentir comme cela et c’est bien normal. Avec empathie, amour et compréhension, accompagner. Ne pas chercher à minimiser, laisser le travail intérieur se faire.

L’enfant vit à cet âge, suffisamment dans l’instant présent, pour pouvoir rebondir juste après la discussion. Mais c’est important de ne pas rater l’occasion de permettre à ce passage de se faire le mieux possible.

Ouvrir sur la Vie, l’espérance…

Je pense qu’il est important d’ouvrir sur la Vie, sur le sens de la vie, sur cette foi en la vie. L’amour présent entre deux personnes ne s’efface pas, pour moi il est éternel. L’amour est pour toujours. Même en l’absence d’êtres chers, l’amour est plus fort que la mort. Il continue à passer.

A chacun d’exprimer de façon très simple, pour cet âge-là bien entendu, le sens qu’on a de la vie, la foi qu’on a en la vie. Ce qui compte aujourd’hui, c’est l’amour qui circule entre nous à cet instant précis.

Se remettre dans la joie vécue et partagée avec son enfant au moment présent. A la fin de ‘l’entretien’, se projeter dans la vie :« Toutes ces questions sont intéressantes, je te remercie de les avoir posées, tu as bien fait. Mais ce qui compte aujourd’hui, c’est que je t’aime de tout mon cœur… qu’est-ce qu’on peut faire ce matin ensemble ?…aller ! on va faire…. »

Toute cette discussion peut nous aider tout simplement à aller à l’essentiel, à nous rappeler que la vie est précieuse, que nous pouvons la sublimer en allant au cœur de ce qui compte vraiment.

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