mauvaise humeur

Mauvaise humeur : comment l’arrêter ?

Quelque chose se met en travers de votre route pendant votre journée, et ça y est, la mauvaise humeur s’installe. Cela peut aussi se mettre en route dès le réveil le matin. Et parfois, cela est un mode de fonctionnement quotidien, c’est-à-dire qu’être de mauvaise humeur fait partie de notre style…

Cela est pesant pour soi et pour notre entourage. Et en général, rien ne s’arrange vraiment quand nous sommes de mauvaise humeur. Au contraire, on se prend encore plus les ‘pieds dans le tapis’ : cela complique les choses, les problèmes se multiplient, l’énervement est contagieux avec les autres… Stop ! Comment faire pour arrêter l’escalade ?

D’abord, comment se fait-il que nous soyons parfois(ou souvent) de mauvaise humeur ?

La mauvaise humeur est l’expression d’une frustration.

Quand nous expérimentons de la frustration, c’est que certains de nos besoins et de nos attentes ne sont pas satisfaits.

Lorsque le réveil sonne le matin, la mauvaise humeur s’installe si tout ce qui se présente à nous ne comble pas nos besoins et nos attentes. Nous avons envie de rester plus longtemps au lit ; nous avons besoin de plus de sommeil ; le travail que nous devons faire ne nous emballe pas ; les rendez-vous qui sont prévus ne sont pas agréables ; les enfants dès le matin se disputent…

Nous prévoyons une sortie avec des amis ou en famille et rien ne se passe comme prévu : discussions tendues, restaurant très médiocre, déviations sur le trajet, perte du portefeuille, pluie, amis qui décommandent à la dernière minute …

Nous avons des besoins : de sécurité, de douceur, de satisfaction, de reconnaissance, de repos, passer un bon moment …

Et nous avons aussi des attentes :  qu’il fasse beau, que la circulation routière soit fluide, que nos tâches quotidiennes soient agréables et pas fatigantes, qu’on puisse compter sur un travail bien fait avec ses collaborateurs, que les réunions ne prennent pas de retard, que les enfants obéissent et ne soient pas malades…

Nous sommes souvent rigides par rapport à nos attentes.

Dès que les choses ne vont pas dans le sens que nous avions prévu, cela nous crée de la frustration qui s’exprime par de la mauvaise humeur. En faisant cela, nous créons une résistance. Nous nous révoltons face à ce qui se présente et nous ‘boudons’ d’une certaine façon. Nous luttons contre ce qui arrive.

Tout notre Etre dit à travers la mauvaise humeur :  « Je ne veux pas vivre ça. », « Je ne veux pas être ici. », « Je ne veux pas faire cela. »

En étant de mauvaise humeur, nous refusons de vivre ce qui nous est donné de vivre à l’instant T. C’est comme si nous répétions en boucle : « pas d’accord ! pas d’accord ! pas d’accord ! …». Nous sommes en réaction automatique.

Alors comment changer cette mauvaise humeur ?

La solution est de sortir de cette réaction automatique et d’accepter en conscience les choses. Nous devons faire un choix.

Récemment, je demandais à mon fils de m’aider à vider le lave-linge. Oui, rien de particulièrement amusant ou réjouissant pour un jeune… Il partit le faire avec mauvaise humeur ! Mais puisqu’il faut le faire, pourquoi pas le faire de façon neutre ou même aimante ? « Impossible ! » me dit-il. « Comment faire quelque chose qu’on n’aime pas avec joie ?! C’est ch…, ch.. cela restera ! » Vu comme cela, la mauvaise humeur est de mise obligatoirement… !

Mais découvrons que, même si les choses ne coulent pas comme elle le devraient, même si les tâches ne sont pas agréables, même si tout semble aller ‘contre’ nous certains jours, nous pouvons choisir et accepter. Cela ne veut pas dire que nous sommes d’accord avec ce qui se passe, mais comme nous ne pouvons pas changer les choses dans l’immédiat, nous acceptons de traverser cela dans le choix conscient.

Vider le lave-linge peut se faire dans une attitude neutre, ou bien dans une offrande bienveillante pour l’autre. Etre coincé dans les bouchons ne réjouit personne, mais nous pouvons choisir d’aller dans le sens de la vie pendant tout ce temps-là. Faire face aux imprévus désagréables peut se faire dans le choix et l’acceptation : « Je ne suis pas d’accord avec cela, mais je choisis de le traverser parce que je n’ai pas d’autre choix pour le moment. »

Nous devons lâcher la lutte intérieure

Nous devons lâcher la lutte intérieure pour réduire le stress, la frustration et la mauvaise humeur. Là est notre seul, recours pour abonder dans le sens de la vie.

On n’arrête pas un torrent qui se déverse, on le dévie. On utilise la force du courant, on va dans le sens de ce qui ‘est’, pour dévier le flux vers un autre chemin. On ne s’oppose pas directement au courant, sinon on perd toute son énergie. La mauvaise humeur est une opposition frontale et elle nous coûte cher en énergie. Acceptons d’aller dans le sens de ce qui coule dans notre vie. Si cela ne nous plaît pas, en acceptant ce courant tel qu’il est, nous pouvons petit à petit le dévier. Nous pouvons utiliser sa force pour passer les gros cailloux en travers du chemin. Et finalement, après la descente dans les rapides, vient le calme des flots. Si nous nous accrochons, si nous voulons forcer l’arrêt du torrent, nous mettons plus de temps à rejoindre les eaux plus calmes…

La vie a ses passages, certains plus difficiles que d’autres. Essayons de ne pas nous agripper à tout ce qui coince sur notre passage. Laissons la vie nous modeler et agissons dans l’acceptation.

4 réponses
  1. Aude de Vathaire
    Aude de Vathaire dit :

    Bonjour Elisabeth
    Merci pour votre message !
    Effectivement ce n’est pas facile à gérer avec des enfants ou même des ados…
    Un des premiers réflexes pour un enfant c’est de nommer et reconnaître ce qu’il ressent : »Je vois bien que c’est difficile pour toi de m’aider à débarrasser la table… » , « tu n’as pas le courage de te lever de table pour aller chercher… », « on n’a pas toujours envie de … je te comprends… »
    Cela ne signifie pas lâcher ou céder. « Je te demande de le faire parce que j’ai besoin d’aide… » Cest cela aussi grandir, comprendre qu’il y a des choses parfois désagréables à faire, mais on les fait quand même.
    Mais il ne faut pas être non plus dans l’excès avec autoritarisme. Si l’enfant refuse net de coopérer, c’est qu’il faut reprendre les choses différemment… travailler sa communication dans le coeur… trop long a décrire ici! Cela pourrait être l’objet d’un nouvel article 😉
    Belle fin de semaine
    Aude de Vathaire

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  2. Elisabeth
    Elisabeth dit :

    Bonjour aude, votre article tombe à pic et après sa lecture je me dis: d’accord pour un adulte ou un ado mais comment faire lorsqu’il s’agit d’un plus jeune enfant(9 ans) qui rale ou remet en question presque tout ce qu’on propose….même si au final
    après quelques tergiversations il finit par obéir.Mais je vois bien que c’est loin d’être plaisant pour lui…

    Un grand merci pour vos articles qui fourmillent de bonnes idées!

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