Pensez-vous de façon binaire?

pensée binaire

La pensée binaire rassure, mais enferme et réduit notre vie. Nous bâtissons notre façon de penser sur le « soit…soit », ou bien sur le « ça ou ça ».Tout cela est réducteur. Nous devons ajouter un autre mot à notre vocabulaire : »ET ».

De façon générale, j’ai remarqué que nous étions dans une approche binaire de la vie.

C’est bien ou mal. Noir ou blanc. On aime bien telle personne, ou on ne l’aime pas. On met les choses dans des catégories. Il y a du soleil, c’est bien ; il pleut, c’est nul. On a un travail ; ensuite on prend des vacances. C’est l’heure de la sieste pour les enfants, ce n’est pas autrement. Les politiques, tous des … ! La solution quand on est malade, c’est un médicament. Nous aimons trouver LA raison, LA cause, LE pourquoi, LA solution.

Nous allons à un dîner et nous attendons patiemment que notre interlocuteur, qui a tout compris sur tout, nous déblatère avec aplomb LA raison pour laquelle notre société en est là aujourd’hui, LA raison du chômage aujourd’hui, LA raison pour laquelle les gens sont stressés, ont mal au dos, conduisent mal….

Tout cela est binaire. Nous bâtissons notre façon de penser sur le « soit…soit », ou bien sur le « ça ou ça ».

Tout cela est réducteur.

Nos souvenirs de lycée sont loin ! Nous avons oublié d’intégrer la troisième partie de la dissertation qui mélange les deux premières, qui dit « mais… », qui ouvre sur une troisième voie, qui pondère et nuance…

Pourquoi réagissons-nous la plupart du temps de façon binaire ?

Pour se rassurer.

C’est sans doute pour nous rassurer que nous avons cette conception tranchée sur les choses. C’est plus facile de mettre des choses dans des cases que d’envisager des solutions multiples dont on ne détient même pas tous les tenants et aboutissants.

Serait-ce un manque de maturité ?…

Nous sommes comme les enfants qui à un moment de leur petite enfance nous posent des questions à une ou deux réponses possibles : « Tu préfères quelle princesse, celle-là ou celle-ci ? » (et nous sommes obligés d’en choisir une !), « C’est quoi ton dessert préféré ? »(il nous faut répondre à la question ! sinon l’enfant revient à la charge !), « Quel joueur de foot est le meilleur ? », « Quelle voiture va le plus vite ? »…

En fait, en réagissant de façon binaire, même sur des sujets savants du monde adulte, nous ne faisons que reproduire ce schéma infantile… nous n’avons pas beaucoup évolué depuis l’âge de 6 ans !…

L’ego veut tout contrôler.

Notre mental, notre logique, notre cerveau gauche, ont besoin d’avoir une réponse. C’est une façon de contrôler notre vie, d’avoir la sensation d’avoir prise sur les évènements et sur notre vie. C’est une façon de se dire : »C’est bon, j’ai compris. »

Mais n’est-ce pas là un peu ‘prétentieux’ de notre part ? La vie est tellement complexe, nous ne savons pas tout, loin de là ! Nous ne pouvons pas nous en tenir à une réponse, à un processus unique… Cela ne peut qu’être réducteur et faux, ou au moins très incomplet. Même si bien sûr, pour la pédagogie, nous sommes bien obligés de simplifier les choses.

Ne devons-pas lâcher un peu prise, et accepter avec humilité de ne pas tout saisir et comprendre ? Ne devons-nous pas garder toujours un cœur ouvert, une conscience ouverte à d’autres possibles ?

Réagir de façon binaire, nous enferme.  

Et cela nous prive d’une meilleure compréhension des choses. Par exemple, si vous pensez que LA raison pour laquelle vous êtes en surpoids, est due au fait que vous ne faites pas de sport. Vous n’avez peut-être pas tort, mais vous n’avez peut-être pas totalement raison non plus. C’est incomplet.

Et si vous vous mettez à pratiquer du sport, vous serez peut-être très satisfait, mais peut-être aussi déçu, car les résultats ne seront pas à la hauteur. Dans votre problématique de surpoids, se logent également d’autres composantes à divers degrés : terrain, blessures psychologiques, équilibres hormonaux, hérédité physique et psychique, mode de vie, équilibre alimentaire, estime de soi… Nous devons donc considérer d’autres éventualités.

Et cela enferme les autres.

On a vite fait de penser que l’autre (les autres, les institutions, les pays…) devrait faire telle ou telle chose pour résoudre son problème. Et s’il ne coche pas la case, nous tombons alors dans le jugement. « Ce n’est pas bien, il ne l’a pas fait ». Que savons-nous de son chemin, de sa perception des choses, de l’ensemble des facteurs, des expériences qu’il doit faire pour arriver à ses fins ? Acceptons que les chemins soient divers et variés, et surtout pas binaires et uniques. Laissons notre ego de côté et laissons la Vie nous surprendre par ses multitudes de ressources.

Apprenons à inclure un mot dans notre vocabulaire : « ET ».

Ce n’est pas : travailler ou s’amuser, mais travailler et s’amuser. Il n’y a pas un temps pour le travail d’un côté, même si la racine latine de ‘travail’, ‘tripalium’, qui était un instrument de torture à trois pieux, nous décrit cela très négativement( !)… et d’un autre côté la possibilité de s’amuser. Quand on est réellement aligné avec sa raison d’être, le travail est une joie, une source d’amusement et de plaisir. Il faut savoir rassembler les deux concepts.

Ce n’est pas : rater ou réussir, mais rater et réussir. Dans nos réussites, nous avons eu besoin d’apprendre et de tomber. Et c’est grâce à toutes nos erreurs et difficultés que nous réussissons.

Ce n’est pas : le jour ou la nuit, mais le jour et la nuit. Nous ne pouvons pas préférer l’un ou l’autre. Nous avons besoin des deux dans un juste équilibre. Du repos pour l’action.

Nous ne pouvons pas râler systématiquement quand il pleut et n’aimer que le soleil, car nous avons besoin des deux !

Nous ne pouvons pas être dans l’illumination permanente, dans l’expérience de l’amour total, dans la pensée positive en tout temps. Car si c’était le cas, nous ne saurions pas que nous en faisons l’expérience. C’est en quittant ces sphères-là, que nous sommes capables de dire que nous pouvons en faire l’expérience. C’est en faisant l’expérience de la souffrance que nous sommes conscients de faire l’expérience du plaisir. L’un ne va pas sans l’autre. Comme le va et vient de la respiration. C’est la Vie.

C’est parce que nous faisons l’expérience du ‘mal’, de la douleur, que nous souhaitons faire l’expérience du bien-être. Parfois, nous passons par des périodes douloureuses dans notre vie ; ce n’est pas un ‘mal’, mais un apprentissage, une occasion de transformation et de croissance. Il n’y a pas le ‘mal’ d’un côté et le ‘bien’ de l’autre. L’un nourrit l’autre. Car c’est grâce à nos descentes aux enfers, que nous allons remonter pour transformer notre boue, nos ombres en lumière. Tout a un sens.

Donc apprenons à être moins catégoriques et plus nuancés. Apprenons à ouvrir notre champ de perception, à ouvrir notre conscience à plus grand que soi, à regarder les choses avec hauteur… et intégrons le « ET »…

1 réponse
  1. Marouane
    Marouane dit :

    Je suis agréablement surpris d’être tomber par hasard sur votre blog.
    Je recherchais des solutions pour évacuer le stress et retrouver la paix intérieur.
    D’ailleurs j’ai dévoré votre ebook. 4 clefs indispensables sérénité Il y a de bonne leçon de vie.
    J’ai aussi pris des notes.

    Merci.

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