Pour laisser notre enfant, pensons à une chose :

Pour se sentir bien, un enfant a besoin de se sentir aimé et en sécurité. Cela commence dès la naissance. Soyons vigilants en tant que parents de ne pas laisser notre enfant n’importe où dans n’importe quelles conditions.

Pour cela, imaginons un instant que nous sommes ce bébé, ce petit enfant. Nous dépendons totalement de nos parents ou des personnes qui s’occupent de nous.

Imaginons aussi que nos parents nous emmènent chez leurs amis, et qu’ils nous laissent tout seul dans une pièce, loin d’eux, à l’écart, pour que nous puissions dormir dans le lit parapluie qu’ils ont emmené avec eux. Ces amis sont de purs inconnus pour nous : « La maison a une odeur que je ne connais pas. Tout est différent. Je n’ai aucun point de repère à part mon doudou mais c’est tout. Je suis seul. Et comme je suis tout petit, ce qui n’est pas sous mes yeux n’existe plus : je me sens abandonné… »

 

Nous les parents, sommes là pour élever notre enfant, pour lui donner un cadre aimant et sécurisant pour qu’il grandisse avec la plus grande confiance dans la vie. Nous ne sommes plus à l’époque où  le bébé ne représentait qu’un être à nourrir et à vêtir dépourvu de sensations et d’émotions…

Quel que soit son âge, c’est un être humain à part entière qui ressent et enregistre tout ce qui lui arrive. On peut oublier des choses en conscience quand on est plus grand ou adulte, mais le corps enregistre tout : c’est la mémoire du corps.

Donc une mauvaise expérience, qui a lieu même tout petit, laisse des traces. On retrouve cela plus tard dans la vie, sous forme de peurs ou d’angoisses, d’agitation, de manque de confiance en soi, de difficultés à prendre des décisions etc.

Très souvent en thérapie, on s’aperçoit que des blocages ou peurs actuelles ont leurs racines dans des évènements parfois d’apparence banale aux yeux des adultes, qui ont eu lieu dans la toute petite enfance.

Il est pour moi essentiel de se mettre à la place de son enfant de temps en temps pour mesurer, sentir, jauger si ce que nous lui faisons vivre est bien ajusté et va lui permettre de grandir en confiance. Notre point de vue d’adulte est bien différent de celui du tout petit, qui lui n’a ni la hauteur de vue, ni le recul nécessaire, ni le développement corporel et psychique que nous possédons avec les années… Il est impératif d’en tenir compte et de faire preuve de cœur et d’empathie humaine pour parfois éviter des blessures et situations difficiles. Cela n’est pas  «  juste un bébé, il oubliera vite, il s’en remettra. » Non, tout s’imprime, tout est enregistré.

Par exemple, une succession de babysitters inconnues, de nounous, de lieux de garde peut perturber les plus sensibles. Même si ces personnes sont adorables et de toute confiance, trop d’inconnus et trop souvent à un âge où les petits jusqu’en maternelle ont besoin de leur maman  et de sécurité, cela peut engendrer de l’insécurité manifesté de multiples façons : hyperactivité, enfant ‘difficile’, réveils la nuit, repas difficiles, problèmes à l’école, apprentissages plus laborieux…. Soyons vigilants.

Nounous et babysitters, oui, mais dans la mesure du possible dans la continuité et le respect de l’enfant. Dans toutes les civilisations les tout petits ont été élevés par différentes personnes. Il s’agit de garder un cadre aimant et sécurisant adapté à l’enfant.

Si un endroit est nouveau, le temps d’une soirée par exemple, nous pouvons accepter de garder l’enfant avec soi et ne pas le laisser dans un lieu inconnu tout seul. Rappelons-nous que ces années passent vite ! Nous aurons tout le temps par la suite de profiter autrement de nos invitations. Et quelle joie intérieure et profonde de sentir que notre enfant se sent bien…(Et les enfants qu’on a habitué à « trimbaler » partout avec soi, ont une capacité d’adaptation et de se comporter en toutes situations. Ils ont cette tranquillité intérieure qui leur permet de s’éveiller et de s’épanouir dans la confiance…)

Alors soyons vigilants et avec notre cœur de parent, de père, de mère, d’homme ou de femme, mettons-nous à la place de ces tout petits pour voir si ce que nous leur imposons est juste pour eux, si c’est assez sécurisant. Et n’ayons pas peur de mettre de côté nos règles bien établies de « il faut, on doit, il devrait… » pour aller à l’essentiel, à la priorité. C’est le bien-être de l’enfant qui est en jeu… et sa confiance en soi dans sa vie future qui est en jeu, ne l’oublions pas ! Cela vaut la peine d’y prêter attention, c’est pour la vie !

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