Quand l’émotion est là, que faire ? Penser positif ?

gérer ses émotions

Il nous arrive tous de faire l’expérience d’émotions pénibles. Peur, colère, découragement, tristesse, culpabilité, honte, déprime…

Certains coaches de développement personnel préconisent la pensée positive, la répétition de phrases positives, la visualisation, l’action, le changement de posture, le sport…c’est vrai, tout cela peut aider. Mais ce que je constate, c’est qu’on ne peut faire tout cela parfois car on est bloqué dans nos émotions.

Vous avez envie, vous, de vous répéter que ‘tout va bien’ quand justement vous êtes ‘au fond du trou’, quand vous êtes profondément triste ou découragé ? De vous répéter de jolies phrases comme « Je remercie la vie en toutes circonstances », « Je me détends, je souris, la vie est belle », ou « J’ai en moi tout ce dont j’ai besoin pour réussir » alors que vous êtes dans un moment de doute profond et que vous en êtes abattu ? Avez-vous envie de sortir avec des amis alors que vous traversez un moment très douloureux ? Avez-vous l’énergie dans ces moments-là pour courir dans la forêt ? Peut-être pas si votre émotion est importante !…et c’est compréhensible.

Tout cela est bon, mais il faut faire les choses dans l’ordre.

Il faut d’abord s’occuper de notre émotion.

Nous avons appris dans notre enfance habituellement à comprimer nos émotions, à les réprimer, à les refouler…car  « arrête de pleurer, cela fait trop de bruit ! », « ce n’est pas si grave que ça, c’est bon ! », « un grand garçon ne pleure pas », « tu ne vas quand même pas pleurnicher pour ça ! », « ce n’est rien, allez ! », « il n’y a pas de raison de se sentir comme ça… »….

Et donc écouter nos émotions n’est pas une chose toujours facile à faire quand on a appris à faire plaisir aux autres, à ne pas trop s’écouter (« arrête de te plaindre »), à essayer de se faire une place parmi les autres mais au prix parfois de se couper de soi-même, de ses ressentis…

Mais nous avons le droit d’écouter nos émotions, nos ressentis !

Surtout si nous voulons arrêter d’être freiné dans notre vie. Une émotion signifie ‘bouger hors de’ étymologiquement (latin e-movere). Donc les émotions sont faites pour être exprimées et non comprimées.

Si une émotion est là, il s’agit de l’accueillir, de la reconnaître, de la traverser, de la visiter pour ensuite la laisser partir d’elle-même, sinon elle reviendra encore et encore avec force … car elle attend d’être exprimée. Elle nous indique que quelque chose en nous est en déséquilibre, blessé. Il faut s’en occuper pour panser et guérir ce qui a besoin.

Ensuite il nous sera possible de mettre en place les outils très intéressants que nous propose le développement personnel. Et là, seulement après avoir levé l’émotion ‘bloquante’, nous pourrons bénéficier de l’efficacité des outils. Sinon, si l’émotion est trop présente on va vite s’apercevoir que ‘rien ne marche’, et on risque de s’enfermer dans une spirale douloureuse…

Concrètement comment faire ?

Quand l’émotion est là  et que vous êtes seul, vivez votre émotion, acceptez avec bienveillance cette partie de vous-même qui vit cela. Accueillez cette émotion en vous disant par exemple: « je suis triste, … » ; reconnaissez que vous êtes triste, « je reconnais que je suis triste ». Sans jugement ! Respirez profondément, lâchez, détendez, laissez-vous traverser. (Si vous êtes au bureau ou à la maison très occupé par exemple, isolez-vous juste le temps qu’il faut pour évacuer cela…quelque minutes ou plus).

Une émotion n’est ni bien ni mal, ELLE EST. Vous avez le droit de la ressentir.

Remerciez votre émotion, car elle vous indique qu’une partie de vous a besoin d’être écoutée, et par ce remerciement vous prenez soin de vous.

Quand vous avez un enfant qui pleure devant vous, vous allez le consoler bien sûr. Eh bien là, consolez cet enfant en vous, ou cette partie de vous qui a besoin d’être consolée, ou qui a besoin d’attention et de douceur.

Le piège, le plus souvent, est de rester dans l’émotion, de se faire chahuter par elle mais sans en prendre soin.  En général, on peut la reconnaître, mais souvent j’ai constaté qu’on en reste là « je suis triste triste triste… ». Et donc ce n’est pas réglé : c’est laisser une blessure ouverte. Comprenez bien cela, c’est très important. Donc on est triste, on le sait et on reste bloqué dedans. Et donc, difficile d’appliquer quoi que ce soit de manière suivie pour s’en sortir…Difficile d’avoir l’énergie pour sortir de cela…

Pour cela, il faut faire appel à une partie de soi qui va venir consoler, panser, reconnaître l’émotion. (cf article « Ne t’inquiète pas, je suis là pour toi! ») La consolation ne vient pas de l’extérieur comme on le croit souvent, elle vient de l’intérieur, elle vient grâce à tout le travail intérieur que nous effectuons avec nous-mêmes.

Ayez cette image en tête :  vous occuper de votre émotion comme vous le feriez avec la plus grande empathie, avec le plus grand cœur pour un enfant ou une personne en détresse. Elle est là, la clef. Reconnaître, accueillir, aimer et panser cette émotion comme vous le feriez pour un autre.

Ensuite, imbibez-vous de phrases positives, prenez une posture assurée d’ouverture, lancez-vous dans des actions qui vous font du bien, vous en aurez l’énergie car la voie sera libre et dégagée d’émotions pénibles et ‘pompantes’ en énergie. Ainsi vous vous libérez d’une chaîne qui vous retenait d’aller vers la Vie…

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3 réponses
  1. NAVARRE Camille
    NAVARRE Camille dit :

    Tres belle article merci Aude. Pour la tristesse je le comprends et j’arrive à accueillir l’emotion. Je me sens par contre completement désemparée face a mes ressentis de colère. Je bloquée toute colère, par peur d’être détruite par cette émotion. Je contient automatiquement toute colère bien au fond de moi…. car je ressens aussi une peur viscérale face a cette colère qui monte et cela bloque tout en moi…. Je me sens coincée, incapable d’accueillir aucune des deux émotions. Et là en effet je reste comme un cocotte minute, je me sens oppressée et coincée avec ces émotions de colères et de peurs, qui s’auto-alimentent… que recommandez vous pour désamorcer cette pression?

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    • Aude de Vathaire
      Aude de Vathaire dit :

      Merci beaucoup pour ce petit mot. Oui la colère est une émotion forte, et je comprends votre désarroi. Cela nous arrive tous. Evacuez votre colère physiquement. Par exemple allez courir dans la forêt, criez dans votre voiture, … Autorisez-vous à exprimer… à être en colère. Acceptez et reconnaissez-le. Et faites comme avec un petit enfant. Restez non loin de lui quand il l’exprime, et quand le « pic » est passé, même s’il n’est pas encore tout à fait calmé, avec le plus grand amour du monde, avec la plus grande compassion, allez le rejoindre avec votre cœur, votre corps. Pansez ses blessures, comprenez-le. Goûtez au calme après la tempête. Enveloppez-vous d’une tendresse inégalée car c’est un besoin fondamental qui n’a pas été respecté chez vous qui a provoqué une colère. Vous pouvez reconnaître cela et vous accueillir vous-même dans votre cœur. Il a été blessé et vous le rassurez maintenant.
      Pour la peur, c’est la même chose. Comment réagissons-nous avec un enfant qui a peur? Nous accueillons sa peur et le rassurons. Nous le blottissons dans nos bras. Envoyez-vous à vous-même de la sécurité.
      Et pour aller plus loin, lisez de livres qui vont vous aider à prendre confiance, des livres qui vont vous mettre dans des émotions et pensées positives… lisez des livres qui vont vous donner envie de mettre votre énergie de peur ou de colère dans une construction de votre vie, plutôt que dans une perte de vitalité… Flânez au rayon développement personnel de votre librairie et laissez-vous guider par votre intuition! rentrez dans une dynamique qui va vous permettre de ne plus subir vos émotions mais d’en faire vos alliés…

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