comment faire quand mon ado critique

Quand notre ado nous critique en permanence…

Comment faire quand notre ado nous critique, ne semble jamais satisfait? Voici quelques pistes :

De leur point de vue, parfois ça ne va jamais… Quand on parle, c’est trop, on leur casse les pieds ; quand on ne dit rien, ce n’est jamais assez.  Les plats que nous préparons pour les repas manquent de ceci ou de cela, ils sont trop ci ou ça, « mais pourquoi tu ne fais jamais ça… ?…. ». Il fait froid dans la maison disent-ils, alors qu’ils se baladent en t-shirt. Ils ne peuvent pas inviter d’amis car la déco ne convient pas ou parce qu’on est trop souvent là…En gros, vu de notre ado : pourquoi faisons-nous comme ça, autrement serait tellement mieux… Mais quand nous tentons « autrement », ce n’est guère mieux….

A la fin de la journée, parfois cela fait beaucoup ! Nous avons rongé notre frein, et à un moment, à cause d’une dernière petite remarque, nous explosons… et là bien sûr, réaction immédiate de notre ado : « mais qu’est-ce qu’il y a ?! Je n’ai rien fait… » Evidemment il ne voit pas où est le problème !….

Nous nous sentons démunie, dépassée, acculée, vidée, désespérée…Ras le bol !! Et d’un autre côté, nous sentons en nous une peur…  « Va-t-elle se rendre compte des choses un jour ? », « Pourra-t-il devenir quelqu’un de convenable, conscient de ses actes ? etc… »

Nous sommes pris dans un magma d’affect et de sentiments contraires (nous aimons nos enfants plus que tout, mais nous détestons leur attitude désinvolte ou irrespectueuse…) qui nous épuise et nous fait douter. Nous ne savons pas parfois quel chemin prendre et c’est très déroutant.

Il n’y a pas de trucs ou de solutions toutes faites pour gérer sereinement ces situations, mais voici quelques pistes de réflexion.

Prendre soin de soi

Cela peut vous paraître un peu paradoxal de s’occuper de soi puisqu’il s’agit de notre ado. Cela ne veut pas dire faire l’autruche, tirer le rideau, ou fuir…Je m’explique :

Toutes ces remarques négatives à notre égard, peuvent traduire un mal être ou une façon de vouloir montrer qu’ils se démarquent de nous ; ils ne nous suivent plus comme des enfants ; ils sont des êtres ‘à part entière’. Ils sortent de cette période de l’enfance pour s’envoler très prochainement vers leur vie. Ils sont en train de sortir d’un état d’enfance pour aller vers un autre état d’adulte ; ils sont donc en équilibre instable en train d’apprivoiser leurs nouvelles conditions de vie. Inutile d’être longue à ce propos, la littérature nous offre une quantité d’informations à cet égard. Ce que je constate personnellement, c’est que face à cet ado en équilibre instable, nous devons au contraire cultiver en nous une certaine stabilité pour qu’il puisse largement s’y reposer, s’y confronter, s’y sentir en sécurité. Il a besoin de cela pour ne pas trop tanguer dans sa transformation. Et bien sûr, nous sommes parfois emportées dans ce tourbillon d’incertitudes que nous fait vivre notre adolescent avec son plus ou moins mal-être inhérent à sa situation d’ado…

Donc si l’ado n’est pas très bien dans sa peau, une des premières choses pour consolider à ses côtés un pôle de stabilité, c’est : s’occuper de soi pour ‘être bien’, être heureuse de vivre, en pleine forme, joyeuse etc…

Un jour, une de mes collègues traversant une période très difficile avec son fils qui était tombé dans l’alcoolisme, me confiait qu’elle passait encore plus de temps à s’occuper d’elle pour ‘être bien’ pour son fils. « Il a besoin d’une mère qui va bien, et non de quelqu’un qui se plaint et se lamente, ou qui lui transmet ses peurs et inquiétudes », me disait-elle. Ce fut pour moi une vraie leçon de vie

L’ado a besoin de quelqu’un qui est dans la vie, dans le mouvement, dans des énergies positives pour être tiré vers le haut. Alors que souvent par exaspération nous coulons avec lui aspirés par des pensées et énergies négatives.

Donc à nous, mère et femme, père et homme, de l’accueillir avec toute notre force intérieure pour aider à passer le cap !

Et par ricochet, s’occuper de nous nous permet de mieux résister aux tempêtes qui se présentent. Nous sommes moins vulnérables.

 

Ce sur quoi nous focalisons, résiste.

Tant que nous sommes accrochées à certaines choses qui nous agacent profondément, cela nous posera des problèmes.

C’est un peu comme quand les petits de maternelle et primaire découvrent les gros mots. Si nous faisons la chasse aux gros mots, faisons des remarques chaque fois qu’ils apparaissent, sommes tendues quand ils sont prononcés devant les autres etc…cela les fera vivre et la période des gros mots risque de durer !

Si au contraire, on les regarde passer juste en faisant remarquer que ce n’est pas très joli, qu’on est très détendu à ce propos, qu’on peut même en dire et en rire, ce ne sera tout simplement pas un sujet et cela repartira comme c’est venu sans grand fracas.

Pour les ados c’est la même chose. Cela nous fait travailler notre capacité à prendre du recul et à lâcher.

Quand je voyais mon fils partir au lycée en pull alors qu’il faisait zéro degré dehors, cela m’agaçait, mais j’ai rapidement lâché. A lui de sentir et de se rendre autonome par rapport à ça. Même si parfois, je ne peux pas m’empêcher de conseiller de bien se couvrir, (je suis une mère !), et qu’on m’envoie promener : « maman, c’est bon ! », je réponds : « oui, tu as raison, c’est toi qui sait ce dont tu as besoin », et je lâche…

Donc pour reprendre les exemples cités au début de l’article, quand notre ado est l’éternel insatisfait, apprenons à lâcher, non pas dans le sens abandonner ou laisser tomber, mais dans le sens de ne pas nous accrocher à cela.

L’ado connaît les règles de la famille, on lui répète assez souvent. Il sait qu’il doit être un minimum poli, aimable, respectueux. Il sait qu’il doit participer un minimum à la vie de famille. Il sait qu’il doit travailler pour l’école…etc…il sait tout cela, et tout cela est en général bien explicité par les parents. Bien sûr, rien ne nous empêche de faire des rappels musclés si cela est nécessaire, mais là n’est pas l’objet de l’article aujourd’hui.

S’il n’est pas content de la manière dont vous faites les choses, ne pas focaliser là-dessus, accepter qu’il ait une autre envie, une autre opinion, un autre désir…après tout pourquoi pas ? Et lâcher …

Montrer l’exemple

Rappelons-nous que nos enfants apprennent beaucoup par imitation. Donc si nous souhaitons qu’ils aient certains comportements, surtout commençons par les appliquer nous-mêmes, et pour cela nous devons sortir du reproche continuel.

Par exemple, si votre ado vous répond toujours sur un ton désagréable et que vous ne vous sentez pas respecté,  le faire remarquer à chaque occasion sur un ton lui aussi désagréable, ne va pas aider notre ado à être plus aimable. Au contraire, lâcher et dès que l’occasion se présente être tout simplement aimable (et sans rancune), comme nous aimerions être traitée. C’est un travail de longue haleine, mais qui marche !

Exprimer ses sentiments

Quand vraiment vous n’en pouvez plus, il faut en parler, pour pouvoir mieux gérer et lâcher par la suite. Et ce qui marche le mieux, c’est de ne parler uniquement que de soi avec « je ».

Par exemple, « quand je vois autant de dénigrement pour tout ce que je fais, je me sens…., j’aurais besoin de …. »

On n’accuse personne, on ne fait des reproches à personne, on exprime juste notre colère, notre frustration, nos émotions face à ce qu’il se passe. Et nous avons le droit de l’exprimer. Et toujours et encore, lâchons… Nous avons dit ce que nous avions à dire, nous ne contrôlons plus la situation pour savoir si le message est rentré à moitié ou complètement. Seul le temps pourra nous le dire…

Voilà quelques pistes parmi beaucoup d’autres. Mais déjà avec ça, il y a de quoi faire !

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