« Tu es un méchant garçon ! »

« Tu es bête ou quoi ?! », « Ce que tu peux être assommant !! », « tu es très vilaine, on ne fait pas ça ! »…

C’est ce qui peut nous échapper quand nos enfants nous mettent « à bout », nous épuisent, nous exaspèrent quel que soit leur âge…

Derrière ces phrases, il y a surtout de la colère, de l’agacement, de la frustration de notre part. Mais au lieu d’exprimer tout simplement nos émotions, nous punissons l’enfant en le blessant. Nous sommes blessés par ses agissements, et nous leur « renvoyons l’ascenseur » en le blessant en retour.

Nous exprimons nos sentiments par de la vengeance, de la maltraitance verbale. (Même si on ne prononce pas de ‘gros mots’, c’est quand même de la maltraitance verbale et psychologique, banale certes, de la vie de tous les jours, mais qui peut faire très mal…)

La force de « tu es… » peut être dévastatrice. Car ce n’est pas vrai, l’enfant n’est pas sa bêtise, son comportement, ses fautes, ses attitudes… L’enfant est bien plus que cela, bien sûr. Le définir comme être ceci ou cela, même positif (« tu es toujours très gentille »), l’enferme dans un comportement.

C’est la même chose quand l’enfant revient avec une mauvaise note de l’école et qu’il résume cela en disant « je suis nul ». Non, ce n’est pas vrai. Il ne se résume pas à sa copie, même s’il a en effet  des mauvaises notes. Il est plus ‘grand’ que cela. Il faut bien faire la différence entre sa copie qui est peut-être ratée et lui-même, qui est une personne aux capacités illimitées.

Donc ce n’est pas l’enfant qui est « méchant », mais ce qu’il fait. Ce n’est pas lui qui est « nul », mais sa copie. Ce n’est pas l’enfant qui est « assommant », mais son comportement à un moment donné.

Verbaliser sans dire explicitement « qu’il est comme ceci ou cela… »  permet de différencier les choses et de moins faire peser sur l’enfant un attribut qu’il n’a pas à porter ; ce n’est pas juste, même si son comportement est inacceptable. C’est au contraire l’enfermer dans ce comportement, puisqu’il est qualifié de la sorte. C’est comme cela que les enfants se glissent dans des rôles, des attitudes qui leur collent à la peau et dont il est très difficile de se débarrasser si rien n’est fait.

C’est comme cela qu’on trouve des enfants qui se ‘cachent’ derrière des rôles et qui une fois plus grands l’expriment ainsi : « Mais je n’y arrive pas, je suis timide ! », « je ne peux pas ranger, je suis bordélique ! », « attention, si je m’énerve, je tape !! »…

C’est le même principe pour les attributs « positifs ». Par exemple, « tu es toujours très serviable », « tu es l’artiste de la famille, alors tu peux nous faire de jolis bouquets… ». Cela ne laisse pas de place pour les moments où l’enfant n’a pas envie de servir, ou d’être l’artiste de la famille… Cela peut être aussi pesant de devoir coller à l’image de ce que les autres attendent de nous.

« Tu es toujours très sage. » Un jour peut-être, cet enfant aura envie d’expérimenter un peu plus de fantaisie et se trouvera un peu piégé par cette étiquette à laquelle il se sent devoir être fidèle…Il est alors coincé dans ce rôle qui ne lui correspond peut-être pas ou plus…

Alors apprenons à exprimer nos émotions et à resituer les choses dans leur cadre bien précis pour ne pas enfermer les enfants dans des généralités limitantes.

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